CNN Leading Women: Meg Whitman, à la tête d’une entreprise emblématique

Meg WhitmanMeg Whitman, PDG de Hewlett-Packard

Retrouvez chaque mois sur notre blog les interviews vidéo de femmes exceptionnelles réalisés par CNN International et leur transcription en français.

Ce sont les filles qui dirigent HP!

Meg Whitman: Nous sommes la seule entreprise du Fortune 500 qui, à ma connaissance, possède une administratrice principale indépendante, une PDG et une directrice financière.

Poppy Harlow: Je me demandais si vous vous sentiez responsable de ce changement…

Meg Whitman: Je me sens d’autant plus responsable que j’ai désormais de l’ancienneté dans ma carrière. Plus on acquiert d’ancienneté, plus on passe de temps dans une entreprise et plus on vit la responsabilité de changer les choses. Il faut s’assurer que l’on a différentes listes de candidats. En fait, c’est dans notre intérêt. Je pense que l’on dispose d’une plus grande palette d’idées, de pensées et d’expériences lorsqu’on fait face à une plus grande diversité.

En tant que Présidente et PDG de Hewlett Packard, Meg Whitman dirige une entreprise de 300 000 employés, au chiffre d’affaire de plus de 100 milliards de dollars. Sa tâche actuelle est herculéenne. Elle a supervisé 55’000  licenciements sur quatre ans pour essayer de remettre sur pied l’une des plus grosses entreprises technologiques du monde.

Meg Whitman: HP se trouvait dans une position difficile. Il y avait beaucoup de mouvements à la tête de l’entreprise, de gros changements dans l’industrie de la technologie et c’était donc un immense défi à relever. Finalement, j’ai décidé que ce qui arrivait à ces grandes entreprises américaines emblématiques était important.

Poppy Harlow: Un travail difficile?

Meg Whitman:   Très difficile, vraiment. Près de 310’000 personnes à gérer est un chiffre considérable. La société avait un certain nombre de problèmes et donc, ça a été difficile.

L’entreprise (qui a plus de 75 ans) a misé sur Meg Whitman pour redresser la barre, après avoir vu défiler une ribambelle de PDG, au départ de ses fondateurs Bill Hewlett et Dave Packard en retraite.

Poppy Harlow: Selon vous, doit-on s’attendre à davantage de licenciements?

Meg Whitman: Je pense que oui. L’entreprise est tellement grande. C’est un peu comme éplucher un oignon. On voit toujours des choses qu’on pourrait améliorer, qui pourraient être plus rentables et nous permettre d’être plus vifs et agiles face à nos clients.

Pour Meg Whitman, repousser les décisions – simplement parce qu’elles sont difficiles à prendre – est préjudiciable.

Meg Whitman: Il faut faire ce que vous promettez de faire. Lorsque je suis arrivée, la première décision que j’ai du prendre était de savoir si j’allais garder la branche PC.  J’ai passé soixante jours avec l’équipe rouge et l’équipe verte qui défendaient chacune le pour et le contre. Nous avons décidé de garder la branche PC et donc, soixante jours plus tard, j’ai annoncé à tout le monde : « Voilà la manière dont nous avons réfléchi, voici la décision que nous avons prise. Passons à la suite. » Lorsque vous essayez de remporter l’adhésion des gens, il faut être sincère lorsque vous dites les choses, dire ce que vous pensez et il faut tenir vos promesses, même si cela vous met mal à l’aise.

Meg Whitman: L’inaction coûte bien plus cher que les erreurs. En fait, ne rien faire est une stratégie et souvent, c’est une mauvaise stratégie.

Alors qu’elle remettait HP sur pied , Meg Whitman a fait quelque chose de rare. Elle a décroché son téléphone pour appeller celui qui était alors PDG de Microsoft, Steve Ballmer, et lui a demandé pourquoi HP avait perdu un gros contrat avec son entreprise.

Meg Whitman: Je l’ai fait parce que notre équipe ne m’avait pas prévenue que nous allions perdre ce contrat. Donc, quand nous l’avons perdu, je dois dire que ça a été un véritable coup de semonce. J’ai appelé Steve Ballmer, que je connaissais depuis des années, et lui ai demandé : « Steve, sois clair avec moi. Qu’avons-nous mal fait ? Qu’avons-nous bien fait ? Comment pouvons-nous nous améliorer ? » J’ai rassemblé l’équipe qui était responsable de ce contrat, ainsi que l’unité d’exploitation, et j’ai passé une heure avec eux au téléphone, à leur dire tout simplement : « Nous devons arranger ça et nous devons le faire vite pour nous assurer d’être compétitifs.” Je pense que dans les affaires, nous apprenons davantage de nos échecs que de nos réussites, et finalement, cette période a été riche d’enseignements pour HP.

Si elle n’y avait pas été poussée, Meg Whitman ne serait pas devenue PDG de cette entreprise américaine emblématique. En fait, la dernière chose qu’elle désirait était justement un nouveau poste de PDG.

Poppy Harlow: Vous ne vouliez pas de ce poste, au départ?

Meg Whitman: C’est exact. J’avais été PDG d’eBay, et l’entreprise était passée de trente employés à quinze-mille, et de quatre millions de chiffre d’affaires à huit milliards. Lorsque vous avez occupé un poste de PDG comme ça, pourquoi en voudriez-vous un autre?

Poppy Harlow: Quelle est la plus grosse erreur que vous ayez faite professionnellement ?

Meg Whitman:   Je pense que c’était lorsque j’étais encore chez eBay.  Nous nous préparions à nous lancer au Japon et nous avons subi notre célèbre panne de site Internet en juin 1999. Suite à une série d’erreurs dans l’architecture du site, et comme nous n’avions pas vérifié que notre technologie était à toute épreuve, notre site est resté indisponible pendant vingt-deux heures. Vous imaginez? Personne ne pouvait plus ni acheter ni vendre. En fait, le camion de CNN était garé devant le siège d’eBay et réclamait qu’on les mette au courant toute les heures des mesures que nous prenions pour régler le problème. Mais nous avons dû réparer le site existant et à cause de cela, Yahoo Japon est arrivé sur le marché des enchères plus vite que nous.

Poppy Harlow: A cause de ça?

Meg Whitman: Absolument. Ne pas nous être complètement assurés que le site était paré à toute épreuve nous a conduits à perdre le marché des enchères au Japon, qui est maintenant entre les mains de Yahoo Japon. C’est donc une erreur à plusieurs milliards de dollars.

Poppy Harlow: Des milliards ?

Meg Whitman:  Oui, des milliards.

Dans une carrière qui est loin d’être terminée, Meg Whitman se sent investie de la grande responsabilité d’assurer que de nombreuses femmes occupant des postes haut placés suivront son exemple.

Meg Whitman: Je pense que l’un des secrets de la réussite est de ne pas avoir en tête le prochain job. Mieux vaut faire son travail et le faire bien . Rien n’est prévu au départ et qui peut imaginer que ça vous arrivera?  Quelle petite fille pense que quand elle sera grande, elle sera PDG?

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