Carola Togni, le secret statistique des Trentes glorieuses

Carola Togni

Carola Togni, professeure en histoire sociale à la Haute école de travail social et de la santé à Lausanne

Le secret des Trente Glorieuses? Le salariat féminin a subi durant la période l’après-guerre des formes de perte ou de réduction d’emploi non reconnues comme chômage.

Dans «Le genre du chômage» (Antipodes), la sociologue Carola Togni apporte un éclairage nouveau autour de l’histoire de l’Etat social suisse, en soulignant comment l’assurance chômage a contribué à promouvoir certains modèles familiaux, des normes sociales sexuées, ainsi qu’à stratifier le marché du travail sur la base de critère de sexe, d’état civil, d’âge, de nationalité et de permis de séjour. Elle questionne le rôle des principales forces politiques et économiques, en donnant une place particulière à l’analyse de la participation des militantes féministes au débat sur la politique du chômage. Cela permet de mieux comprendre ces transformations, soulignant l’importance de tenir compte de ces actrices dans l’analyse de l’histoire de l’Etat social.

Si l’expression de «Trente glorieuses» est malheureuse, l’époque n’ayant pas été glorieuse pour tout le monde (et notamment pas pour une partie des salarié·e·s et des personnes sans travail au nord comme au sud), celle de «plein-emploi» ne l’est pas moins.

Comme l’observe Margaret Maruani pour la France, le «plein-emploi» masculin s’est construit sur le sous-emploi féminin. Une part importante de la population féminine reste en effet à la marge du marché du travail. De plus, le salariat féminin, plus encore que le salariat masculin, subit des formes de perte ou de réduction d’emploi non reconnues comme chômage. Le constat est particulièrement vrai pour les Suissesses. Non seulement leur taux d’activité reste stable, voire en léger recul, mais elles sont de plus en plus occupées à des taux partiels.

A lire dans l’Agefi du 6 octobe 2015

Carola Togni
Carola Togni est professeure en histoire sociale à la Haute école de travail social et de la santé à Lausanne. Ses domaines d’enseignement et de recherche portent sur l’histoire de l’Etat social et du travail social en Suisse, ainsi que sur l’histoire des mouvements sociaux, en particulier des groupes féministes. Dans ses travaux elle combine une approche socio-historique et une perspective de genre. Sa thèse de doctorat présentée à l’Université de Berne sous le titre: «Le genre du chômage. Assurance chômage et division du travail en Suisse 1924-1982) vient donc de paraître aux éditions Antipodes. Elle a également récemment contribué à la réalisation d’un site sur l’histoire des assurances sociales en suisse.

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Catégories :IMPACT, SOCIETE

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